Recherches

Neurofeedback et trouble du sommeil

Intitulé du projet : Le neurofeedback comme traitement alternatif dans l'insomnie primaire
Liens : ISNR 2013

Abstract de la recherche présenté le 22 septembre au congrès mondial de l'ISNR à Dallas
Étude réalisée à la Pitié-Salpétière au  Centre d'Investigation et de Traitement de l'Insomnie.

La physiopathologie de l'Insomnie Primaire demeure en grande partie inexpliquée, mais l’hyperéveil cortical pourrait représenter une voie finale commune dans le développement et l'entretien du trouble qui pourrait provoquer  l'insomnie d’endormissement  et le sommeil non restaurateur (Riemann 2010 ; Perlis 1997). Plusieurs études ont montré que les patients présentant  une insomnie ont des niveaux élevés d’activité EEG béta (14-35 Hertz) à l’endormissement et pendant le sommeil lent profond et l’activité EEG béta  a été considérée comme pouvant être un index d'éveil cortical. (Buysse 2008 ; Perlis 2001 ; ;Merica 1992 ; Freedman 1986).En outre , les thérapies cognitives et comportementales de l'insomnie, le traitement efficace reconnu dans l'insomnie primaire, réduit l’activité EEG bêta des patients insomniaques (Cervena 2004).Quelques études impliquent le neurofeedback comme traitement pour l'insomnie primaire, et la plupart des études emploient les techniques de SMR et montrent l'amélioration dans le fonctionnement de la qualité du sommeil et du fonctionnement diurne (Marteau 2011, Cortoos 2006). Méthodologie et résultats préliminaires : Le but de notre étude est de caractériser mieux les hyperéveils corticaux qui caractérisent le patient avec insomnie primaire psychophysiologique, particulièrement pendant le temps de veille et dans la situation d’endormissement en comparaison d'un groupe témoin. Les 2 groupes (15 PI et 15 contrôles) sont constitués après  validation du diagnostic de PI utilisant critères ICSD 2. L'enregistrement de l’EEG est faite par un casque EEG 21 électrode. Les techniques de qEEG d'Openvibe sont utilisées pour analyser  le signal. Dans des analyses préliminaires, l’activité béta EEG montre des différences significatives dans certaines régions frontales par rapport aux sujets contrôles. Si les résultats se confirment, nous voulons développer une technique spéciale de neurofeedback afin de diminuer l’hyperéveil cortical du patient insomniaque primaire.



Biofeedback et épilepsies


Intitulé du projet : Efficacités clinique, neurophysiologique et psychophysiologique des stratégies de régulation émotionnelle et attentionnelle par biofeedback dans le cas d’épilepsies du lobe temporal pharmacorésistantes avec facteurs de risques émotionnels.

Ce projet a été financé par la Fondation Française de la Recherche sur l'Epilepsie.


Le biofeedback (BFK) est, parmi les thérapeutiques non pharmacologiques « psychophysiologiques » d’apprentissage de stratégies de régulation émotionnelle et attentionnelle, une technique qui offre des perspectives intéressantes pour la prise en charge des patients souffrant d’épilepsie pharmacorésistante. Les émotions et les facteurs de stress peuvent en effet constituer des facteurs de risques importants dans le déclenchement de crises chez 50 % des patients présentant une épilepsie partielle du lobe temporal (ELT). Ces patients constituent un sous-groupe d’ELT, identifiable par des marqueurs neurophysiologiques et psychophysiologiques, appelé ELT avec vulnérabilité émotionnelle (EMO-ELT). Le premier objectif est d’évaluer l’efficacité clinique de deux techniques de BFK sur le nombre de crises d’épilepsie rapporté par les patients. Le BFK par GSR (Galvanic Skin Response) et le BFK par EEG (Électroencéphalographie) sur les rythmes sensorimoteurs (SMR) seront utilisés chez des patients pharmacorésistants EMO-ELT et non EMO-ELT. Le deuxième objectif est d’évaluer l’efficacité des séances de BFK sur des marqueurs objectifs, neurophysiologiques et psychophysiologiques, mesurés avant et après traitement. Les résultats de cette étude permettront d’envisager des stratégies complémentaires pour la prise en charge des épilepsies partielles pharmacorésistantes. L’existence de cette étude permettra également de faire écho à l’esprit des travaux neurophysiologiques d’Antoine Rémond, pionnier dans le domaine du BFK en France et remarquable par son approche scientifique rigoureuse bien souvent manquante au BFK. 




Neurofeedback et Autisme

Projet Européen Michelangelo entre la France (Pitié Salpétrière ) et l’Italie dont les recherches devraient aboutir à : 

1. un système vidéo qui, couplé à une solution EEG portable, sera capable de saisir des extraits de scène selon le type de mouvements oculaires ou d’interactions et qui permettra d’identifier les stimuli qui dans un environnement naturel (la maison de l’enfant) entraînent une réponse sociale significative de l’enfant autiste ; 

2. le même système non invasif d’EEG portatif qui, utilisé en parallèle à un dispositif de poursuite oculaire (eye-tracker), mesurera l’activité cérébral pendant que le patient est en interaction et produit les stimuli identifiés. Ceci permettra de mieux les caractériser. Le système, étant portatif et léger par essence, permettra au patient d’être « moins conscient » du caractère artificiel de l’expérience ce qui du coup ne devrait pas affecter l’activité cognitive. 

3. une série d’algorithmes d’analyse de signal sophistiqués qui seront spécifiquement développées. Ceci permettra une caractérisation beaucoup plus fine des anomalies des ondes électriques spécifiques associés aux stimuli, et de la connectivité entre les différentes régions cérébrales, permettant un aperçu in-vivo du processus intégratif d’information permettant au cerveau de traiter un stimulus de manière spécifique. 

4. la construction du protocole d’intervention personnalisée à domicile sera basée sur des stratégies variées s’appuyant sur des techniques cognitivo-comportementales et développementales maintenant bien établies et comprendra des techniques de neurofeedback utilisant les nouvelles technologies d’information et de communication. 

5. une série d’outils non invasifs permettant d’observer en continu l’enfant autiste pendant les sessions d’intervention thérapeutique nous servira pour mieux adapter et mieux personnaliser l’approche thérapeutique. 

6. des algorithmes sophistiqués appliqués aux techniques d’imagerie avancée (tenseur de diffusion et imagerie fonctionnelle) seront utilisées par les équipes médicales, pour suivre les connectivités anatomiques et fonctionnelles du cerveau aux différentes étapes et éventuellement les corréler avec l’efficacité constatée.